S’il fallait se reconnaître dans un portrait, les modèles de Marikel Lahana lui décerneraient un brevet de portraitiste. Se plaire en son image est une autre affaire qui échappe aux sujets de la jeune photographe, embarquée dans une aventure qui la conduit aux marches du théâtre et de ses limbes. Ces fictions aux ailes coupées se contentent aussi d’une seule vue pour raconter une histoire, une solitude, une disparition, une absence, voire une folie. Figurants d’une scène posée face à l’objectif, pantins d’un geste chorégraphié dans la lumière brute du théâtre, fantômes soustraits au décor, les acteurs de Marikel lahana se suivent dans la scénographie d’un récit aux tonalités douces-amères dont on n’imagine pas de fin.
Hervé Le Goff

