NIGREDO, NOIR PLUS NOIR QUE NOIR


Le noir est la soustraction de toutes les  couleurs mais tout aussi bien leur addition. Le noir est tout à la fois le vide et le plein.  Il est « l’arché », la souche de tout ce qui est. Avant la lumière insaisissable et éthérée, avant que « la lumière soit », la Nuit profonde était déjà là, noire plus noire que noire enveloppant de l’épaisseur de son ombre les êtres à naître, des êtres qui pour vivre enfanteront des songes et des images, juste avant que la mort à nouveau ne les prennent.


Donc, ce ne peut être que par abus de langage que nous appelons photographies les images enregistrées par le moyen de la chambre noire. L’image enregistrée pour la première fois sur papier par la « boîte à souris » de Fox Talbot, minuscule ombre de la croisée d’une fenêtre, n’était pas une photographie mais une une skiagraphie, elle n’était qu’une ombre, un négatif et quand la photographie sera enfin révélée dans sa positivité elle ne sera plus dès lors que l’ombre d’une ombre.


On a indéfiniment glosé sur la platitude de la photographie qui dit-on est même devenue infra mince ; c’est ignorer sa nature qui est ombreuse. Le pigment métallique : argent, platine, palladium  lui donne sa profondeur, son épaisseur, qui à la fois dévoile et occulte, invite le regard à une accoutumance, une contemplation qui approfondit, qui devine. Elle donne et elle retient.


Comme il en est pour la gravure il existe en photographie une manière noire. La manière claire, informe, donne à voir, se lit, invite au commentaire, elle est spectacle. Elle est, dirait Nietzsche, de l’ordre de l’apollinien. La manière noire, appartient, elle, au dionysiaque, elle fait apparaître, elle est spectrale. Tel le dieu qui surgit dans la nuit, elle dépossède, elle affole, elle ravit. Le noir est mystique, « le noir est la nuit de l’âme » disait Saint Jean de la Croix


Ainsi pouvait apparaître à l’initié dans la nuit de Lascaux la « Bête innommable », la « Sagesse aux yeux plein de larmes ».


Ainsi au ciel de son sarcophage, apparaît le nageur de Paestum, le sourire aux lèvres, plongeant dans la mort.


« The dark of absolute freedom »


affirmait Ad Reinhardt qui ajoutait


Going from « darkness to darkness yet , » ultimate.



Jean-Claude Mougin






Jean-Claude Mougin a enseigné la philosophie pendant une trentaine d’années ainsi que l‘histoire de la photographie et la philosophie de l’image au Musée Nicéphore Niépce de Chalon-sur-Saône. Après la lecture des écrits du philosophe Walter Benjamin ainsi que la découverte  des trésors du Musée Niépce “The Pencil of Nature” de Fox Talbot les œuvres des grands calotypistes du 19ème  siècle, il s’est intéressé  à la notion d’ « aura » et aux procédés alternatifs en photographie. En 1980 il eut l’occasion de voir pour la première fois des tirages palladium de Paul Strand à la galerie Zabriskie à Paris. Ce fut là une véritable révélation. A partir de l’ouvrage de Pizzighelli and Hübl (1883), il entreprit alors de reproduire ce procédé et depuis cette époque il a utilisé et perfectionné cette technique aux qualités esthétiques incomparables. Il a animé de nombreux stages en France au Musée Niépce, au Centre Saint Cyprien de Toulouse et en Chine à la Luxun University of Art de Shen. Son œuvre est présente dans les collections du Musée Nicéphore Niépce celles du Fox Talbot Museum de Lacock Abbey, du Musée de l’Elysée de Lausanne, de la Luxun University of Art de Shen Yang.

BIOGRAPHIE:


PARCOURS


principales expositions personnelles

1976 “Les signes et les visages” avec une préface de Michel Tournier
Bibliothèque Charles de Gaulle, Tunis
Maison de la Culture Ibn Rachiq, Tunis
1981 “Gens de Copenhague”
Institut Français de Copenhague
1986 “La Bresse, voyage photographique”
Musée Niépce, Chalon-sur-Saône , catalogue
1992 “Imaginary museum”
Fox Talbot Museum Lacock Abbey
1997 “La Fabrique de l’arbre”
Espace des Arts, Chalon-sur-Saône
1998 “12 mineurs de fond et 1 lampiste”
XI ème mois de la photographie, Talant
1998 « GAÏA », la terre

XI ème mois de la photographie, Talant, catalogue
1999 “Affaire(s) de générations”
2000 “L’exil d’Hélène”, rétrospective 1970/2000
L’ARC, Le Creusot

2011 “Carrés de Pierres, hommage à Laurence
Tour Saint Nicolas, Paray-le-Monial

principales expositions collectives

1979 “Des clefs et des serrures” de Michel Tournier
Canon Photo-Gallery, Genève
1989 Exposition du 150° anniversaire
Fox Talbot Museum Lacock Abbey
1993 Espace des Arts, Chalon-sur-Saône
1993 Les Conserves de Nicéphore
Galerie du Chateau d’eau, Toulouse
1997 “Exposition du 10ème anniversaire ,prix Henri Vincenot”
Talant
1998 “Exposition du Champ freudien”
Galerie Maeght, Barcelone
1998 “Exposition Hasselblad Open” Photokina 98
Cologne
2003 “Lauréats du prix Agfa”
Galerie Baudoin-Lebon, Paris
2008 “La lenteur”
Rencontres photographiques de Montreux-Riviera


prix

Prix Henri Vincenot, mois de la photographie, Talant 1997.
Concours International Hasselblad, 2ème prix France 1998


stages

1995 stage palladium
Espace Saint-Cyprien, Toulouse
2002 stage palladium et fine art 15-30 Mai
Luxun University From Art, Shenyang, Chine

textes

1984 Mario Giacomelli ou la photographie malade de la mort
catalogue d’exposition, Musée Niépce, Chalon-sur-Saône

1989 Lorand Gaspar et l’absolu du sol
catalogue d’exposition, Musée Niépce, Chalon-sur-Saône

1993 Palladium, l’image aux sels de platine et de palladium
autoédition

2007 Galerie Photo : Palladium, l’image aux sels de platine et de palladium ouvrage en téléchargement

2008 Rencontres Photographiques de Montreux-Riviera
la lenteur conférence

sites web :


http://www.platine-palladium.com/


http://www.platine-palladium.fr/







représenté par


Tilt Gallery


919 West Fillmore Street Phoenix Arizona 85 007


602.716.5667 + info@tiltgallery.com






JEAN-CLAUDE MOUGIN


NOMOS, GENS ET PAYSAGES D’EL BEYYED

VOIR SON SITEhttp://www.platine-palladium.com/http://fr.my.yahoo.com/shapeimage_2_link_0
RETOUR2012.html

Nomos, tel est le nom de la Terre née du Chaos et de la Nuit primordiale.

Désert est le nom de cette Nuit et de cette Terre parcourue par les Survivants qui ont le don de voir.

Ainsi peut apparaître ce qui est et disparaître ce qui n’est pas.